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Le panorama · Période de reconversion

Dispositif · salariés du privé

La période de reconversion, le dispositif qui a remplacé la Pro-A

Créée par la loi du 24 octobre 2025, applicable depuis les décrets parus au Journal officiel du 31 janvier 2026, elle absorbe deux dispositifs que les services formation connaissaient bien. Ce qu’elle change, pour qui, et comment elle se demande.

Mis à jour 27 août 2026 · Sources service-public.gouv.fr, décrets n° 2026-39 et n° 2026-40 du 28 janvier 2026

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Ce qui a changé

Deux dispositifs fondus en un seul

En bref

La période de reconversion remplace la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) et les Transitions collectives (TransCo). Elle se négocie avec l’employeur, dure de 150 à 450 heures sur douze mois au plus, et n’impose aucune condition d’âge ni de niveau de diplôme.

Jusqu’en 2025, un salarié qui voulait changer de métier sans quitter son entreprise avait deux portes possibles. La Pro-A, réservée aux salariés dont la qualification était inférieure à un certain niveau et conditionnée à un accord de branche étendu. Et TransCo, conçu pour les salariés dont l’emploi était identifié comme fragilisé, avec un dispositif d’instruction lourd. Les deux ont disparu au profit d’un cadre unique.

Le changement n’est pas cosmétique. La Pro-A était fermée à une grande partie des salariés par sa condition de niveau de qualification, et TransCo supposait de figurer sur une liste de métiers fragilisés établie au niveau régional. La période de reconversion supprime ces deux verrous : elle est ouverte à tout salarié du secteur privé, en contrat à durée indéterminée comme à durée déterminée, sans condition d’âge, de parcours ni de qualification.

Attention aux informations de 2025

Une Pro-A ne peut plus être conclue. Les avenants signés avant la bascule continuent de produire leurs effets jusqu’à leur terme, mais tout nouveau projet passe par le nouveau cadre. Beaucoup de salariés à qui l’on avait parlé de Pro-A l’an dernier s’entendent répondre en 2026 que le dispositif n’existe plus, sans qu’on leur explique par quoi il a été remplacé.

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Le régime

Durées, bornes et marges de branche

La formation dure au minimum 150 heures et au maximum 450 heures, dans une période plafonnée à douze mois. Ces bornes ne sont pas intangibles : un accord de branche peut les porter jusqu’à 2 100 heures sur trente-six mois, ce qui ouvre la voie à des parcours longs — un titre professionnel complet, par exemple — dans les secteurs qui ont négocié en ce sens.

C’est le premier réflexe à avoir avant d’écarter le dispositif pour cause de durée insuffisante : vérifier ce que dit l’accord de la branche dont relève votre entreprise. Le service des ressources humaines ou l’opérateur de compétences le savent, et cette question s’appelle par son nom au téléphone.

PointRégime de droit communAvec accord de branche
Durée de formation150 à 450 heuresJusqu’à 2 100 heures
Durée de la période12 mois au plusJusqu’à 36 mois
PublicTout salarié du privé, CDI ou CDD, sans condition d’âge ni de qualification
InitiativeL’employeur, avec l’accord écrit du salarié
FinancementL’opérateur de compétences (OPCO), sur demande de l’employeur
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La procédure

Un accord écrit, pas une demande unilatérale

C’est la différence de fond avec le projet de transition professionnelle, et elle décide de tout. La période de reconversion se négocie : l’employeur demande la prise en charge à son opérateur de compétences et signe un accord écrit avec le salarié, formalisé par un document type. Le salarié seul ne peut pas l’enclencher.

Cette dépendance n’est pas seulement une contrainte. Elle explique pourquoi le dispositif est performant là où le PTP ne l’est pas : quand l’entreprise a un intérêt direct au changement de métier. Un poste qui disparaît dans une entreprise qui, elle, ne disparaît pas. Un métier devenu physiquement intenable pour un salarié que l’employeur ne veut pas perdre. Une compétence rare qu’il préfère former en interne plutôt que recruter sur un marché tendu.

Ce qu’il faut apporter à l’entretien

Un employeur dit rarement non à un projet précis et documenté ; il dit non à une idée vague qui lui coûte un salarié pendant six mois. Trois éléments changent l’issue de la conversation : le poste visé dans l’entreprise et non dans l’absolu, la formation identifiée avec son organisme et son calendrier, et l’estimation du coût pédagogique avec la mention que l’OPCO le prend en charge. Le service formation vérifiera, mais arriver avec ces trois lignes déplace la discussion du « pourquoi » vers le « quand ».

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La comparaison utile

Période de reconversion ou projet de transition ?

Les deux financent une formation longue. Ils ne répondent pas à la même situation, et les confondre fait perdre des mois.

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Vous restez dans l’entreprise

La période de reconversion est faite pour cela. Le contrat se poursuit, l’ancienneté est conservée, et en mobilité interne la rémunération est maintenue. L’employeur est partie prenante du projet, ce qui est un avantage quand il y a un poste à la clé.

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Vous partez ailleurs

Le projet de transition professionnelle s’instruit sans l’accord de l’employeur sur le fond du projet, et finance la rémunération pendant le congé. C’est la seule voie quand le métier visé n’existe pas dans l’entreprise.

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Vous n’êtes pas encore fixé

Ni l’un ni l’autre. Un conseil en évolution professionnelle ou un bilan de compétences précède utilement les deux, et le bilan est finançable par le compte personnel de formation.

La suite logique

Si l’employeur n’a pas de poste à vous proposer, lisez le projet de transition professionnelle : c’est le seul dispositif qui maintient le salaire hors mobilité interne. Si votre expérience recouvre déjà le métier visé, la validation des acquis de l’expérience est plus courte et moins coûteuse qu’une formation.

Les autres dossiers

Projet de transition Le projet de transition professionnelle : le seul congé qui paie Le PTP finance la formation et maintient la rémunération pendant le congé. Il exige une ancienneté, une demande d’absence déposée 60 ou 120 jours avant, et une décision de l’association Transitions Pro de la région. C’est le dispositif le plus protecteur et le plus long à obtenir. CPF Le compte personnel de formation en 2026 : ce qu’il paie encore Le CPF reste le financement le plus simple à déclencher, mais deux réformes de 2026 en ont réduit la portée : une participation obligatoire de 150 € et des plafonds par type de dépense. Il finance très bien une première marche, rarement une reconversion entière. VAE La VAE : obtenir le diplôme du métier que vous exercez déjà La VAE transforme une expérience en diplôme sans retour en formation. Le portail public l’a réorganisée en six étapes, pour une durée moyenne de huit mois. Ce qui la fait échouer n’est presque jamais le niveau du candidat, mais le choix du diplôme et l’écriture du dossier. Apprentissage adulte L’apprentissage après 30 ans : les quatre cas sans limite d’âge L’apprentissage n’est pas réservé aux jeunes : la limite est de 29 ans révolus, portée à 35 ans dans trois situations et supprimée dans quatre autres. Après 26 ans, l’apprenti touche au moins le SMIC, ce qui rend la voie tenable pour un adulte. Démission-reconversion Démissionner pour se reconvertir sans perdre le chômage Un salarié démissionnaire peut percevoir l’allocation chômage s’il justifie de cinq ans d’activité continue et fait valider son projet. L’ordre des étapes est la seule chose qui compte : une demande de CEP déposée après la rupture du contrat n’est plus recevable. CEP Le conseil en évolution professionnelle : gratuit, et souvent décisif Le CEP est un service public gratuit et confidentiel qui aide à construire un projet et à en monter le financement. Il est ouvert à tous les actifs, en emploi comme au chômage, et il devient une étape obligatoire dans le parcours de démission-reconversion.