Emblème du Second Métier : un compas d’atelier dont les branches dessinent la lettre M Le Second MétierChanger de métier, sans partir de zéro

Le panorama · Projet de transition professionnelle

Dispositif · le seul qui maintient le salaire

Le projet de transition professionnelle, salaire compris

Héritier du congé individuel de formation, le PTP est le seul dispositif qui finance à la fois la formation et la vie pendant la formation. C’est aussi le plus demandé, le plus sélectif, et celui dont le calendrier fait échouer le plus de projets.

Mis à jour 27 août 2026 · Sources service-public.gouv.fr, transitionspro.fr

01

Qui peut y prétendre

L’ancienneté ouvre le droit

En bref

Deux ans d’activité dont un an chez l’employeur actuel pour un CDI ; deux ans sur les cinq dernières années dont quatre mois en CDD sur les douze derniers mois pour un CDD. La demande d’absence se dépose 120 jours avant une formation de six mois ou plus, 60 jours en deçà.

La condition d’ancienneté est la première barrière, et elle se vérifie avant tout le reste. Un salarié en contrat à durée indéterminée doit justifier de deux ans d’activité salariée, consécutifs ou non, dont un an chez son employeur actuel. Un salarié en contrat à durée déterminée doit justifier de deux ans d’activité sur les cinq dernières années, dont quatre mois en CDD au cours des douze derniers mois.

Ces durées se comptent en activité salariée, pas en présence dans le poste. Les périodes chez plusieurs employeurs se cumulent pour la condition de deux ans ; seule la condition d’un an s’apprécie chez l’employeur actuel. C’est un point qui débloque plus de dossiers qu’on ne le croit, pour des parcours faits d’enchaînements de contrats.

Ce que l’employeur ne peut pas faire

Il ne peut pas refuser le projet lui-même : le contenu de la formation et le choix du métier ne lui appartiennent pas. Il peut reporter la date de l’absence pour un motif de service, dans des conditions encadrées. Il dispose de 30 jours pour répondre à la demande, et son silence vaut acceptation.

02

Ce que vous touchez

100 %, 90 % ou 60 % selon votre salaire

C’est la raison d’être du dispositif, et la seule réponse solide à la question qui bloque toutes les reconversions : de quoi vit-on pendant. La rémunération est calculée sur un salaire de référence, et se lit par rapport à deux fois le SMIC, soit 3 734,04 €.

SituationDurée de la formationRémunération versée
Salaire de référence ≤ 2 SMIC
soit 3 734,04 €
Toutes durées100 % du salaire de référence
Salaire de référence > 2 SMICUn an ou moins90 % du salaire de référence
Salaire de référence > 2 SMICPlus d’un an90 % la première année, puis 60 %, sans descendre sous 3 734,04 €

Le plancher est important : même à 60 %, la rémunération ne peut pas tomber sous deux SMIC. Pour un salaire élevé, la deuxième année d’une formation longue reste donc supportable, ce qui n’était pas évident à la lecture du seul pourcentage.

03

Le vrai obstacle

Le calendrier, et rien d’autre

Presque tous les dossiers qui échouent échouent sur les dates. Deux horloges tournent en parallèle, et elles ne sont pas synchronisées.

La première est celle de l’employeur. La demande d’absence doit lui être adressée au moins 120 jours calendaires avant le début d’une formation de six mois ou plus, et au moins 60 jours pour une formation plus courte. Ce sont des jours calendaires, pas des jours ouvrés, et ils se comptent depuis le premier jour de formation, pas depuis la rentrée administrative.

La seconde est celle de l’association Transitions Pro de votre région, qui instruit le dossier de financement selon ses critères et son enveloppe budgétaire. Les commissions se réunissent à échéances fixes, publiées, et l’enveloppe d’une région n’est pas celle de la voisine.

La méthode qui fonctionne

Partir de la date de rentrée de la formation visée, et remonter le calendrier à l’envers : date de rentrée, moins 120 jours pour la demande d’absence, moins le délai d’instruction affiché par votre Transitions Pro, moins le temps de constitution du dossier. On obtient une date limite de décision, et elle est souvent plus proche qu’on ne l’imaginait.

Entre la décision de changer de métier et le premier jour de formation, compter six à douze mois est réaliste. Ce délai n’est pas du temps perdu : c’est celui pendant lequel on choisit vraiment le métier, on rencontre des gens qui l’exercent, et on vérifie que le projet tient debout.

La suite logique

Si le métier visé existe dans votre entreprise, la période de reconversion est plus rapide, parce qu’elle ne dépend que d’un interlocuteur. Avant de déposer, faites valider la cohérence du projet par un conseil en évolution professionnelle : c’est gratuit, et les Transitions Pro lisent des dossiers toute l’année.

Les autres dossiers

Période de reconversion La période de reconversion, le dispositif qui a remplacé la Pro-A Créée par la loi du 24 octobre 2025 et applicable depuis les décrets du 28 janvier 2026, la période de reconversion se substitue à la Pro-A et aux Transitions collectives. Elle se négocie avec l’employeur, dure de 150 à 450 heures sur douze mois au plus, et n’impose aucune condition d’âge ni de diplôme. CPF Le compte personnel de formation en 2026 : ce qu’il paie encore Le CPF reste le financement le plus simple à déclencher, mais deux réformes de 2026 en ont réduit la portée : une participation obligatoire de 150 € et des plafonds par type de dépense. Il finance très bien une première marche, rarement une reconversion entière. VAE La VAE : obtenir le diplôme du métier que vous exercez déjà La VAE transforme une expérience en diplôme sans retour en formation. Le portail public l’a réorganisée en six étapes, pour une durée moyenne de huit mois. Ce qui la fait échouer n’est presque jamais le niveau du candidat, mais le choix du diplôme et l’écriture du dossier. Apprentissage adulte L’apprentissage après 30 ans : les quatre cas sans limite d’âge L’apprentissage n’est pas réservé aux jeunes : la limite est de 29 ans révolus, portée à 35 ans dans trois situations et supprimée dans quatre autres. Après 26 ans, l’apprenti touche au moins le SMIC, ce qui rend la voie tenable pour un adulte. Démission-reconversion Démissionner pour se reconvertir sans perdre le chômage Un salarié démissionnaire peut percevoir l’allocation chômage s’il justifie de cinq ans d’activité continue et fait valider son projet. L’ordre des étapes est la seule chose qui compte : une demande de CEP déposée après la rupture du contrat n’est plus recevable. CEP Le conseil en évolution professionnelle : gratuit, et souvent décisif Le CEP est un service public gratuit et confidentiel qui aide à construire un projet et à en monter le financement. Il est ouvert à tous les actifs, en emploi comme au chômage, et il devient une étape obligatoire dans le parcours de démission-reconversion.